Le Pakistan émerge comme médiateur clé alors que des pourparlers trilatéraux de paix US-Iran se déroulent dans sa capitale.
Le Pakistan s'est propulsé sur la scène mondiale en accueillant la rencontre diplomatique la plus déterminante entre Washington et Téhéran depuis des décennies. Les pourparlers d'Islamabad, qui se tiennent à l'hôtel Serena dans la Zone Rouge fortifiée de la capitale, réunissent le vice-président JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf sous médiation pakistanaise. Pour un pays rarement présent dans la diplomatie des grandes puissances, l'image seule représente un changement sismique dans la perception internationale d'Islamabad.
La logique stratégique derrière le rôle du Pakistan est difficile à contester. Il partage une frontière de 900 kilomètres avec l'Iran, abrite la deuxième plus grande population chiite au monde et — contrairement à une grande partie du Moyen-Orient — n'héberge pas de bases militaires américaines. Cette combinaison confère à Islamabad une crédibilité auprès de Téhéran que peu d'autres nations peuvent revendiquer. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif s'est fixé un objectif délibérément modeste pour le sommet : non pas un grand accord, mais un cadre pour maintenir le dialogue au-delà de la fenêtre actuelle de cessez-le-feu de deux semaines.
Les enjeux dépassent largement les relations bilatérales. Les marchés pétroliers mondiaux, déjà ébranlés par des semaines de perturbations dans le détroit d'Ormuz, scrutent Islamabad à la recherche du moindre signal de retour à la stabilité. Si le Pakistan réussit ne serait-ce qu'un succès diplomatique limité, il pourrait redéfinir sa stature internationale — passant d'une nation perpétuellement associée aux crises sécuritaires à un courtier de paix crédible dans la région la plus volatile du monde.