Le bombardement continu d'Israël contre le Hezbollah au Liban menace les négociations US-Iran.
Alors que le monde entier a les yeux rivés sur Islamabad, Israël mène sa campagne la plus dévastatrice contre le Hezbollah depuis des années — et ne cherche même pas à le dissimuler. Le 8 avril, quelques heures seulement après l'annonce du cessez-le-feu américano-iranien, Israël a lancé l'« Opération Ténèbres Éternelles », déployant 50 chasseurs pour larguer 160 bombes sur 100 cibles à travers le Liban en un blitz de dix minutes. Les frappes ont tué au moins 303 personnes lors de ce que Beyrouth a qualifié de « Mercredi noir », accusant Israël d'avoir perpétré un massacre sous couvert de diplomatie.
La position d'Israël est sans ambiguïté : le cessez-le-feu avec l'Iran ne s'applique pas au Hezbollah. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a juré de continuer à démanteler l'infrastructure militaire du groupe soutenu par l'Iran, ciblant les quartiers généraux, les centres de renseignement, les sites de missiles et les unités liées à la Force d'élite Radwan. Tsahal a désormais déployé cinq divisions dans le sud du Liban, dont la 98e Division envoyée le 7 avril, avec l'objectif déclaré de repousser les forces du Hezbollah au nord du fleuve Litani.
L'escalade place les pourparlers d'Islamabad dans une impasse impossible. L'Iran considère le Hezbollah comme un atout stratégique fondamental et tout accord durable devra aborder la question du Liban. Pourtant, Israël démantèle systématiquement cet atout en temps réel, créant des faits accomplis qui réduisent l'espace de négociation. Le Premier ministre libanais Najib Mikati a reporté un voyage prévu à Washington pour gérer la crise depuis Beyrouth, tandis que des diplomates israéliens et libanais ont provisoirement convenu de pourparlers directs — bien que personne ne s'attende à ce qu'Israël cesse de tirer pendant qu'ils négocient.