Le président a déclaré qu'il envisageait sérieusement un retrait total de l'OTAN après le refus des alliés européens de rejoindre la campagne en Iran, d'ouvrir leurs bases ou d'aider à dégager le détroit d'Ormuz.
Donald Trump a porté sa guerre de mots avec l'OTAN à un niveau sans précédent — déclarant aux journalistes à la Maison-Blanche qu'il envisage sérieusement de retirer les États-Unis de l'alliance militaire vieille de 75 ans. La menace a été lancée lors d'une rencontre tendue avec le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte, au cours de laquelle le président a qualifié l'organisation de « tigre de papier » et accusé ses membres européens d'avoir abandonné les États-Unis au moment le plus critique. Il a déclaré n'avoir « jamais été influencé par l'OTAN » et a décrit le refus de l'alliance de soutenir la campagne en Iran comme « un grand test » que l'Europe avait lamentablement échoué.
La fracture entre Washington et ses alliés traditionnels s'est élargie depuis que les États-Unis et Israël ont lancé leur offensive aérienne conjointe contre l'Iran le 28 février. Les nations européennes ont refusé de permettre aux forces américaines d'utiliser des bases sur leur sol pour des frappes contre des cibles iraniennes, ont décliné de contribuer des navires de guerre pour sécuriser le détroit d'Ormuz — où plus de 600 navires commerciaux restent bloqués — et ont continué de bloquer les tentatives de Trump d'acquérir le Groenland auprès du Danemark. Le secrétaire d'État Marco Rubio a jeté de l'huile sur le feu en déclarant que l'administration pourrait devoir « réexaminer » l'ensemble de la relation États-Unis–OTAN une fois le conflit iranien résolu.
Il existe un garde-fou juridique — une loi de 2023, ironiquement coparrainée par Rubio lui-même lorsqu'il était encore sénateur, interdit à tout président de se retirer de l'OTAN sans l'approbation explicite du Congrès. Mais les constitutionnalistes avertissent que la Cour suprême actuelle pourrait trancher en faveur de l'exécutif si Trump décidait de tester cette disposition. Les dirigeants européens n'attendent pas pour voir. La France a relancé son projet de force de défense européenne indépendante, et l'Allemagne accélère son programme de dépenses militaires. La crise pose une véritable question sur la capacité de l'alliance occidentale à survivre à un président qui la considère comme optionnelle.