Cinquante chasseurs israéliens ont largué 160 munitions sur cinq quartiers de Beyrouth sans préavis — la journée la plus meurtrière de la guerre du Liban — quelques heures après le cessez-le-feu américano-iranien négocié par le Pakistan qu'Israël déclare ne pas couvrir le Liban.
Dans ce que les responsables israéliens eux-mêmes ont qualifié d'assaut le plus puissant contre le Liban depuis le début de la guerre, cinquante chasseurs de l'armée de l'air israélienne ont frappé plus de 100 cibles dans le centre et le littoral de Beyrouth en environ dix minutes le 8 avril. L'attaque est survenue sans avertissement préalable aux civils, touchant au moins cinq quartiers différents dans ce qui fut l'un des bilans quotidiens les plus sanglants de l'ensemble du conflit de 2026. Le ministère libanais de la Santé a confirmé qu'au moins 254 personnes ont été tuées, portant le nombre total de décès causés par les frappes israéliennes depuis le 2 mars à plus de 1 530, dont au moins 130 enfants.
Le moment choisi pour cet assaut a suscité une condamnation mondiale. Quelques heures auparavant, le Pakistan avait négocié un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis, Israël et l'Iran — une réalisation diplomatique qui semblait offrir une pause fragile dans la guerre plus large du Moyen-Orient, maintenant dans sa sixième semaine. Mais le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a immédiatement déclaré que le Liban n'était pas partie de l'accord de cessez-le-feu, une position soutenue par le président américain Donald Trump. Le Pakistan et la France ont tous deux insisté sur le fait que le Liban était inclus. Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a qualifié les frappes de violation grave du cessez-le-feu, avertissant de répercussions sur l'ensemble de l'accord. L'Iran a répondu en fermant à nouveau le détroit d'Ormuz, où plus de 600 navires restent bloqués et où seulement environ 5 pour cent du volume maritime d'avant-guerre transite.
L'assaut a mis sous forte pression le premier cycle de négociations américano-iraniennes, prévu vendredi à Islamabad. Le vice-président Vance dirige la délégation américaine, tandis que Netanyahu a ordonné des négociations directes avec le Liban, qui se tiendront séparément au Département d'État. Les critiques affirment qu'Israël poursuit une stratégie à deux voies : s'engager diplomatiquement tout en maximisant la pression militaire sur le terrain. La question qui se pose désormais à la communauté internationale est de savoir si un cessez-le-feu que l'un de ses principaux signataires refuse d'étendre à son théâtre d'opérations le plus actif peut survivre. Avec le prix de l'essence atteignant quatre dollars le gallon aux États-Unis et le transport maritime mondial en paralysie, les conséquences économiques de cette guerre ne se limitent plus au Moyen-Orient — elles se font sentir dans chaque supermarché et station-service du monde occidental.